Instaurer un lien différent homme-cheval

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C. et Inacar, demi-sang arabe.

France, Marseille, 2010-2011. Travail hebdomadaire.

Les commentaires de C., propriétaire d'Inacar :

"Ce que m'a apporté le partenariat avec Carole dans la relation avec Inacar :

Carole est arrivée dans notre quotidien à Inacar et moi il y a deux ans environ. Ce qu'elle a apporté et mis en avant en tant qu'objectif c'est son approche particulière de la relation homme-cheval. Ce qui veut dire que la psychologie et le comportement du cheval ont une dimension importante et sont au centre du travail, non plus "du cheval", mais en coopération avec lui.
Tout a commencé comme la construction d'un édifice qui repose, tel que je le perçois, sur quatre piliers : respect, confiance, envie de coopérer, psychologie équine ou le "penser cheval", conscience humaine.

1/ Travail et progression du cheval.

Lorsque Carole a commencé à appliquer sa méthode avec Inacar, cela a bien évidemment chamboulé notre binôme et le fonctionnement établi depuis plusieurs années. Nous avions nos codes et nos habitudes bien ancrées. Il a fallu s'efforcer, petit à petit, d'abandonner certains concepts erronés de l'équitation dite classique. Concepts que je reproduisais soit par ignorance (ou en étant convaincue qu'ils ne nuisaient pas au cheval) soit parce que je ne savais que faire ni comment.

Ce fut donc assez déstabilisant au départ. De plus, Inacar réagissait différemment lorsque je le montais, et, ayant si peu de notions d'éthologie je me trouvais frustrée de ne pas trouver la solution aux difficultés qui se présentaient. Or, Inacar en savait nettement plus que moi et j'ai fini par me rendre compte qu'en m'en remettant à lui, il me donnait souvent la solution ou au contraire me disait "non, moi je ne fais pas comme ça, cherche encore". C'est donc bel et bien un travail d'écoute et de recherche de la connexion.
J'ai dû opérer un travail de remise en question, essayer d'oublier les idées préconçues à propos du cheval et l'éventuel anthropomorphisme, tout ce qui brouille en somme la communication avec le cheval. Le fil à suivre est d'établir un partenariat pour que le cheval ait envie de donner, et de réaliser définitivement qu'une relation dominant/dominé, supérieur/ inférieur ne sera que peu fructueuse.

Inacar a beaucoup progressé en dressage en deux ans. J'ai constaté de nombreux changements premièrement concernant le respect des aides, la réponse aux indications du cavalier (pour peu qu'elles soient précises). Lui que l'on disait froid à la jambe (ce qui n'était pas tout à fait exact), est désormais plus fin et plus réactif, les allures, l'attitude, la rectitude, l'envie de se porter en avant, la souplesse. Il faut dire aussi que les demandes du cavalier ayant été affinées, cela est devenu plus clair pour lui. Globalement, il est nettement plus disponible et léger.

2/ L'émotionnel, le ressenti.

Comme je l'ai évoqué précédemment, la découverte de ces méthodes a été à l'origine d'une remise en question équestre et de ce que j'avais appris depuis mes débuts à cheval, ainsi que d'une réflexion sur notre fonctionnement à Inacar et moi. Mais, par dessus tout, cela a été l'occasion de réaliser que le sentiment, le ressenti, le "feeling" y ont toute leur place (et que ça n'a rien de honteux ou de ridicule).

Carole a réussi à instaurer une relation reposant sur la confiance mutuelle entre l'homme et le cheval en amenant ce dernier, par des exercices ou des jeux à réfléchir, analyser, comprendre une situation donnée. Peu à peu Inacar, qui était un cheval discret et introverti, a commencé à prendre plaisir à être invité à participer, à se prendre au jeu, et donc se sentir acteur. C'est une façon de lui dire en quelque sorte, qu'il a le choix de réagir de telle manière ou telle autre, d'apporter sa propre réponse. Et ce tout en n'oubliant pas, bien sûr, de lui faire savoir qu'il y a des règles établies (et justes), ce qui le sécurisera, tout comme lorsqu'il vit en groupe avec ses congénères !

Tout ceci a suscité chez lui une émulation, je me suis aperçue qu'il devenait demandeur, il aime qu'on l'invite à réfléchir. Lui qui était connu pour être sur l'œil a gagné en calme et en sérénité. Il ne se laisse plus, comme auparavant, déborder par ses émotions face à une situation stressante dont pouvait découler un comportement dangereux pour le cavalier comme pour lui. Par exemple en balade, un chien qui surgit soudainement en courant, un cheval qui prend peur derrière lui...

Me concernant, j'ai désormais complètement accepté que l'émotion et l'intuition pouvaient avoir la place centrale dans le couple cheval - cavalier. Et par-là même, il est plus aisé d'avoir une communication de qualité autant qu'il soit possible, avec son cheval. Ce qui amène en conscience, à la confiance et la complicité, et aussi au plaisir que peut ressentir le cheval à être monté et sollicité.
Le but à atteindre étant l'harmonie psychologique tant que physique, mais déjà que de chemin parcouru et de progrès réalisés par notre trio, et encore surtout, beaucoup d'évolutions positives et de surprises qui nous attendent, sans aucun doute..."

 

Écrit par cth1971 Lien permanent